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mardi 23 septembre 2014

Interview: Topo Guide des Sentiers de Grande Randonnée et OpenStreetMap

Cet été, j'ai reçu d'un ami, un Topo guide écrit par l'ASBL Sentiers de Grande randonnée, sur les randonnées en boucle à Bruxelles. Quelle ne fut pas ma surprise, quand j'ai découvert que les cartes, illustrant le recueil, étaient basées sur le rendu Mapnik de OpenStreetMap! Ni une ni deux, j'ai pris ma plume et j'ai écrit a l'Asbl pour en savoir plus sur leur choix et j'ai reçu une réponse très rapidement.


RB BRU - Randonnées en Boucle à Bruxelles et dans sa périphérie
EAN/ISBN : 9782930488240

Et voici donc l'interview de Jean-Pierre Beeckman, Administrateur de l'ASBL Sentiers de Grande randonnée.

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots?

Je suis un des six administrateurs de l'ASBL Sentiers de Grande randonnée (SGR) et j'assume la fonction de coordinateur technique, cad que je suis le responsable du réseau GR et de son balisage. J'assume également avec deux collaborateurs la réalisation des cartes des topo-guides. J'insiste sur le fait que dans l'asbl SGR, nous sommes tous bénévoles. J'insiste aussi sur l'importance des topo-guides pour notre association. En effet, n'ayant aucun subside, c'est la seule source de revenu de l'asbl. La vente de nos topos est donc capitale pour assurer l'entretien du réseau GR.

Vous avez fait mention que vous êtes également un contributeur OSM quel est votre zone préférée et éventuellement votre username ?

Mon username est "jpbeeckman". Je n'ai pas de zone préférée. Comme je suis souvent en rando et toujours avec un GPS, je vérifie régulièrement s'il m'est possible de mettre les données OSM à jour là où j'ai randonné. Cela m'arrive donc d'ajouter des données principalement en Wallonie et à Bruxelles, mais aussi dans les Vosges et dans les Alpes.

Comment vous est venu l'idée du choix d'OSM pour illustrer votre guide?

Pour nos topos, nous utilisons les fonds de carte IGN, en général au 1/50.000. Nous acquittons pour cela les droits d'auteur qui sont loin d'être gratuits. Les données IGN sont intéressantes car elles offrent une complétude homogène sur le territoire. Lorsqu'il n'y a qu'une dizaine de carte dans un topo, les droits d'auteur sont supportables. Ceux-ci sont répercutés sur le prix du topo qui doit rester abordable. Le cas du topo-guide des Randonnées en Boucles à Bruxelles (RB Bruxelles) est particulier en ce sens que nous avions décidé d'utiliser des cartes au 1/15.000 (et même 1/7.500 pour le centre) afin d'assurer une lecture de la carte optimale dans une région dense au niveau cartographique. Autre particularité de ce topo-guide, les cartes sont placées en vis-à-vis du descriptif, ce qui nous a conduit à utiliser la même carte à plusieurs reprises. Le topo-guide comporte environ 80 cartes à grande échelle ainsi qu'une quinzaine de cartes à petite échelle. Vu le coût du copyright IGN, ce n'était pas une solution envisageable pour ce topo-guide. Etant contributeur OSM, je me suis orienté vers cette solution. Mais je dois avouer que cela n'a pas été simple. Les données OSM sont parfaites à l'écran, mais pour réaliser une impression de qualité, il faut idéalement une résolution de 300dpi. J'ai dû composer pour résoudre ce problème : j'ai utilisé "BigMap" pour composer le fond de carte de la région bruxelloise. J'ai testé tous les niveaux (level) d'OSM pour voir lequel convenait le mieux. Il a fallu géoréférencer le tout pour arriver à les utiliser dans un SIG. Pour finir, il y a aussi un autre avantage pour OSM sur les cartes IGN, c'est qu'il y a les noms de rues...

Est-ce le choix d'une équipe, de la rédaction , de l'équipe technique ou plutôt d'une personne?

C'est une décision qui a été prise finalement par le CA (Conseil d'Administration) des SGR.

Quels logiciels avez-vous utilisés pour la réalisation des cartes?

Comme déjà évoqué plus haut, j'ai utilisé "BigMap" et Perl pour constituer les fonds de cartes. Le georéférencement et les cartes ont été réalisées avec http://qgis.org. On a finalisé les cartes avec Adobe Illustrator.

Avez-vous travaillé sur les datas OSM avant d'utiliser le rendu ou vous avez directement utilisé le rendu?

Les données OSM sur la région bruxelloise sont très complètes. Afin de clarifier certaines situations locales, j'ai été faire des levés au GPS et mis les données OSM à jour. C'est un autre avantage d'OSM que de permettre de disposer des données corrigées quasi immédiatement. J'ai donc principalement utilisé le rendu qui me convenait quasi tel quel.

Avez-vous rencontré des soucis avec les données /cartes OSM ? Avez-vous eu l'occasion de les corriger ?

Je n'ai pas le souvenir d'avoir rencontré des soucis. Comme mentionné plus haut, j'ai complété des données manquantes pour clarifier le descriptif des RB, mais c'est tout.



Quels sont les points positifs d'OSM dans ce genre d'utilisation?

Les noms de rue dans les données OSM, la couverture carto de la région bruxelloise et aussi le fait de pouvoir ajouter des données et d'en disposer immédiatement.

Quels sont les points négatifs d'OSM dans ce genre d'utilisation?

La résolution des images. Je n'ai pas trouvé de fonds en qualité imprimable. Je ne sais pas si cela existe. Il faut dire que cela doit représenter un travail de titan et que je peux comprendre que dans le cadre de logiciels et de données "libres" ce doit être difficilement envisageables.

Comment s'est fait le choix du rendu?

Sur base d'essais : j'ai essayé les différents levels en les imprimant à l'échelle envisagée pour le topo. J'ai choisi les levels qui convenaient le mieux point de vue lisibilité pour chaque échelle nécessaire.

Considérez cette expérience (basée sur OSM) comme concluante? Sera-t-elle réitérée ?

Cette expérience m'a appris beaucoup de choses et je la considère comme très positive. Sera-t-elle réitérée ? Je n'ai pas la réponse. Ce n'est pas impossible, mais ce sera au cas par cas. Un des problèmes des données OSM|OpenstreetMap?? est son manque d'homogénéité. Si certaines régions comme Bruxelles sont très bien couvertes, il en est d'autres qui le sont beaucoup mois, voire très peu couvertes. Je pense qu'il est difficile de réaliser un topo-guide avec une telle disparité dans les données cartographiques. Ce sont surtout les voies lentes (sentiers, chemins, etc.) qui nous intéressent et c'est ce genre de données qui manque en premier dans les régions peu couvertes.

Une question qui revient souvent, en Belgique comme en France, concerne la licence des itinéraires GR. Auriez-vous quelques informations s'il serait possible de les ajouter dans OSM? (même question pour les itinéraires du livre ).

Je pense qu'il est illusoire de considérer à l'heure actuelle les données relatives aux GR comme privées. On en retrouve des fichiers GPX partout et la plupart des sentiers GR sont déjà mentionnés dans les données OSM. La décision a été prise il y a quelques semaines aux SGR de mettre les fichiers GPX à disposition (de nos membres ?) via notre site Internet. Pour les RB, le problème est différent : au contraire des GR, ces itinéraires ne sont pas balisés sur le terrain. Cela me semble donc difficile dans ce cas de les mentionner dans des données cartographiques qui sont hors contexte du topo-guide.

Voyez-vous des possibles collaborations futures avec OSM et ses contributeurs?

Je n'y ai jamais réfléchi. Je n'ai pas de réponse appropriée à cette question, mais pourquoi pas. Étant un contributeur isolé, je n'ai pas d'idée sur les possibilités qu'OSM peut offrir sur ce plan-là.

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lundi 1 juillet 2013

[Review] Instant Interactive Map designs with Leaflet

Hello à tous,

Ayant eu accès à une copie électronique du livre "Instant Interactive Map designs with Leaflet JavaScript Library How-to" aux éditions "Packt" par Jonathan Derrough, j'ai profité du temps pourri pour le lire et en faire une petite review.

Comme son titre l'indique, le livre propose de créer des cartes interactives en javascript grâce à la librairie Leaflet. Leaflet , c'est LA bibliothèque javascript pour faire des cartes, en vogue sur le net pour l'instant. Il a carrément volé la vedette à OpenLayers et est adopté par de plus en plus de firmes et d'acteurs du marché (mapbox, openstreetmap, github, ...). Légère, rapide, facile à comprendre et plein de plugins elle a tout pour plaire. Ce livre propose d'en apprendre un peu plus sur l'utilisation de cette bibliothèque.

Il s'adresse plutôt à des gens ayant des vagues notions de html et de programmation javascript et pourquoi pas un peu de carto. Aucune connaissance ou matériel exotique n'est requis. Le livre s'articule autour de 7 exemples progressifs, bien détaillés et illustrés allant de la simple carte avec un marqueur à la carte choroplèthe ( carte thématique où les régions sont colorées en fonction d'une mesure statistique).

Le livre étant encore très récent la version de Leaflet décrite et utilisée est elle aussi récente (v5.1), ce qui est toujours appréciable pour une lecture informatique où le sujet change souvent.

La lecture commence de manière plutôt douce, on nous apprend comment écrire une page web simple et ce qu'est le "doctype" ... on se demande ce que ces explications font là.

Puis, rapidement, on entre dans le vif du sujet... Les différents éléments sont, parfois assez brièvement, mis en place et nos premières cartes apparaissent enfin. Il faut dire que Leaflet est vraiment intuitif et aide beaucoup à la compréhension.

Les exemples sont progressivement de plus en plus étoffés, et les pages se lisent rapidement . Chaque exemple est noté avec sa difficulté, il inclut une petite introduction, le code source annoté ainsi que des captures d'écran des résultats attendus. 52 pages avec du code source et des screenshot ça se lit trop très vite. Le format choisi offre peu de places pour d'éventuelles explications sur les différents formats possibles (GeoJSON , wms,..) ou sur les techniques (tiles, layers, projections, ...). Le livre reste globalement intéressant même si on reste un peu sur sa faim. Enfin, pour ~3€ en version électronique on n'est pas volé.

Enfin, comme souvent, mais néanmoins bien pratique, les codes sources des exemples sont disponibles sur le site de l'éditeur ainsi que les éventuels errata.

Je recommande le bouquin à ceux qui cherchent des exemples plus concrets de l'utilisation et une première prise en main de Leaflet. Mais, ne vous attendez pas à trouver les dessous de la bibliothèque ou des montagnes de théorie sur la cartographie en ligne et les projections :).

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